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FORESTERIE
Réaction d'un arbre aux
blessures |
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Résumé de la vidéo et
contenu inédit
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Gabriel Grenier (Le Prof Forestier), collaborateur
certifié de Jardinage Bricolage Autosuffisance Recyclage
Québec, travaille dans le domaine forestier depuis
presque 20 ans, entre autres comme enseignant en
foresterie. Auteur, conférencier et animateur de
randonnées éducatives en forêt, il partage sa passion
des arbres, de l'écologie et de la biodiversité. Il nous
fait explorer la richesse et la complexité des forêts du
Québec, des plantes et des écosystèmes forestiers, ainsi
que les enjeux liés à leur conservation. |
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Dans cette vidéo, Gabriel Grenier - Le Prof Forestier
nous explique comment un arbre réagit lorsqu’une branche
ou son tronc est blessé. Il montre comment les tissus de
recouvrement se développent progressivement autour d’une
plaie et présente le principe du compartimentage. Il
explique également pourquoi les grosses blessures
peuvent demeurer ouvertes pendant plusieurs années.
Gabriel rappelle les dommages importants que peuvent
causer les taille-bordures, tondeuses et autres
équipements contre le tronc. Une capsule pratique pour
mieux comprendre la réaction des arbres et prévenir les
blessures inutiles. |
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Contenu de l'article de
la vidéo : |
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Août 2026 : |
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Comment un arbre réagit-il après une
blessure? Comprendre la cicatrisation et le
compartimentage
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Gabriel Grenier, alias Le Prof Forestier, nous propose
ici un survol très concret de la manière dont un arbre
réagit lorsqu’il est blessé. Une branche coupée, un coup
de tondeuse, un taille-bordure qui frappe le tronc ou
encore un objet laissé trop longtemps contre l’écorce
peuvent tous provoquer des blessures auxquelles l’arbre
devra réagir.
Contrairement à ce qu’on entend souvent, un arbre ne «
cicatrise » pas exactement comme un humain. Il ne répare
pas les tissus endommagés en les ramenant à leur état
initial. Il cherche plutôt à isoler la partie atteinte
et à produire progressivement de nouveaux tissus autour
et par-dessus la blessure. C’est notamment ce phénomène
que l’on peut observer après la coupe d’une branche.
Pour comprendre ce mécanisme fascinant, il faut
s’intéresser au recouvrement des blessures, mais aussi à
un processus fondamental en arboriculture et en
foresterie : le compartimentage. |
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Bourrelet cicatriciel |
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Que se passe-t-il lorsqu’un arbre est
blessé?
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Une blessure sur un arbre peut avoir de nombreuses
origines. Elle peut être volontaire, comme lors de
l’élagage d’une branche, ou accidentelle, par exemple
lorsqu’un tronc est frappé par une tondeuse, un tracteur
à pelouse ou un taille-bordure.
Dans tous les cas, l’écorce protectrice peut être
endommagée et les tissus sous-jacents exposés. L’arbre
doit alors réagir pour limiter les conséquences de cette
ouverture.
Sur le terrain, l’un des signes les plus faciles à
observer est la formation progressive de tissus de
recouvrement sur les côtés d’une plaie. Gabriel Grenier
montre notamment des blessures de différents âges : sur
une coupe relativement récente, le processus commence à
peine, tandis que sur une ancienne coupe, on distingue
beaucoup mieux l’anneau de tissus qui progresse vers le
centre.
Plus les années passent, plus ces tissus peuvent
recouvrir la surface exposée. Sur certaines petites
blessures, il arrive finalement qu’on ne distingue
presque plus la coupe originale, même si celle-ci
demeure présente à l’intérieur du tronc. |
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L’arbre ne guérit pas sa blessure comme notre peau
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On utilise couramment les expressions « cicatrisation de
l’arbre », « bourrelet cicatriciel » ou « cal
cicatriciel ». Elles permettent de bien vulgariser ce
que l’on observe extérieurement. D’un point de vue
biologique, il est cependant plus juste de parler de
tissus de recouvrement et de compartimentage.
L’arbre ne remplace pas véritablement le bois blessé. Le
bois déjà endommagé demeure là. L’arbre construit plutôt
de nouveaux tissus autour de la zone atteinte et cherche
à isoler les tissus endommagés du bois fonctionnel qui
se formera par la suite.
Cette distinction permet de comprendre pourquoi une
blessure qui semble complètement refermée extérieurement
peut encore laisser des traces importantes à l’intérieur
du tronc. |
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Le compartimentage : la stratégie de défense de
l’arbre
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Pour aller plus loin dans la compréhension des blessures
chez les arbres, Gabriel Grenier recommande de
s’intéresser au « compartimentage ».
Le principe est remarquable : lorsqu’une partie de
l’arbre est endommagée, celui-ci met en place
différentes barrières biologiques et chimiques qui
contribuent à limiter la progression des microorganismes
et de l’altération du bois.
L’arbre tente en quelque sorte de contenir le problème
dans une zone déterminée plutôt que de reconstruire ce
qui a été détruit.
Cette capacité varie toutefois selon l’espèce, la
vigueur de l’arbre, la nature de la blessure, sa
dimension et son emplacement. Deux arbres présentant des
blessures apparemment semblables ne réagiront donc pas
nécessairement de la même manière.
Un arbre vigoureux et bien adapté à son environnement
dispose généralement de meilleures conditions pour
produire rapidement de nouveaux tissus autour d'une
plaie. À l’inverse, un arbre déjà soumis à différents
stress peut avoir davantage de difficulté à réagir
efficacement. |
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Pourquoi une petite coupe se referme-t-elle mieux
qu’une grosse blessure?
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Les observations de Gabriel Grenier illustrent
particulièrement bien un principe important de l’élagage
: « la dimension de la blessure compte énormément ».
Lorsqu’une petite branche est coupée correctement, la
surface exposée est relativement réduite. Les tissus
vivants situés autour de la coupe ont alors moins de
distance à parcourir avant que le recouvrement de la
plaie soit complet.
Gabriel montre par exemple une coupe vieille d’environ
un an où le processus est encore à ses débuts. Sur des
blessures plus anciennes, l’anneau de recouvrement
devient beaucoup plus évident. Certaines finissent par
être complètement recouvertes.
À l’inverse, une très grosse coupe peut demeurer exposée
pendant de nombreuses années. Pendant tout ce temps, le
bois est soumis aux intempéries et peut être colonisé
par différents organismes décomposeurs.
Cela ne signifie pas automatiquement qu’une grosse
blessure condamnera l’arbre. Cela signifie plutôt que le
risque de dégradation interne augmente et que l’arbre
aura besoin de beaucoup plus de temps pour recouvrir la
zone. |
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Blessure occasionnée par un taille-bordure |
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Pourquoi faut-il former les arbres lorsqu’ils sont
jeunes?
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L’une des meilleures pratiques en arboriculture consiste
donc à intervenir tôt lorsque des corrections
structurales sont nécessaires.
Gabriel Grenier donne l’exemple d’un érable qui
possédait deux têtes. L’une d’elles a été retirée et,
environ huit ans plus tard, un important bourrelet de
recouvrement est visible, mais la blessure demeure
encore ouverte. La coupe initiale était tout simplement
très grosse.
C’est pourquoi il est préférable, lorsque c’est
possible, de corriger ce genre de défaut pendant que
l’arbre est encore jeune.
Retirer une branche de petit diamètre entraîne une plaie
beaucoup plus petite que d’attendre plusieurs années
avant de retirer une grosse branche devenue codominante.
Une taille de formation effectuée au bon moment peut
ainsi éviter des interventions beaucoup plus sévères à
l’âge adulte. Il ne s’agit pas de tailler davantage,
mais de tailler intelligemment et seulement lorsque cela
est nécessaire. |
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Une bonne coupe d’élagage favorise le recouvrement
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La qualité de la coupe influence également la réaction
de l’arbre.
Gabriel Grenier montre une ancienne blessure sur
laquelle du bois est demeuré au centre. Selon son
observation, la coupe aurait probablement pu être mieux
positionnée.
En élagage, l’objectif n’est ni de laisser inutilement
un long chicot, ni de couper la branche complètement au
ras du tronc. Il faut respecter la zone naturelle
d’insertion de la branche et éviter d’endommager
inutilement les tissus du tronc.
Le collet de la branche et les tissus associés à son
insertion jouent un rôle important dans la réaction de
l’arbre. Une coupe correctement positionnée permet
généralement à l’arbre de former ses tissus de
recouvrement dans de meilleures conditions.
Une coupe trop près du tronc peut créer une plaie
inutilement grande et endommager des tissus importants.
À l’opposé, un chicot trop long peut mourir et demeurer
exposé longtemps avant que l’arbre puisse éventuellement
l’isoler. |
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Une branche vivante peut-elle influencer le
recouvrement d’une blessure?
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Dans l’un de ses exemples, Gabriel remarque qu’une
branche vivante située près d’une ancienne coupe semble
associée à un recouvrement plus important d’un côté de
la blessure.
Cette observation de terrain rappelle que la réaction
d’un arbre n’est pas toujours parfaitement symétrique.
La croissance des tissus dépend notamment de l’activité
cambiale, de la vigueur des différentes parties de
l’arbre et de la distribution de ses ressources.
Il faut toutefois éviter d’en conclure qu’il est
toujours souhaitable de laisser des branches près d’une
blessure uniquement dans le but de la faire « cicatriser
». En arboriculture, chaque coupe doit être évaluée en
fonction de la structure de l’arbre, de son âge, de son
espèce et des objectifs recherchés.
Ce qu’il faut surtout retenir est que l’arbre est un
organisme vivant dont les différentes parties sont
interreliées. La réaction observée autour d’une blessure
dépend de beaucoup plus que de la seule dimension du
trou visible. |
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Une blessure complètement recouverte peut prendre
plusieurs années
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Gabriel présente également un érable argenté dont une
ancienne blessure est maintenant complètement
recouverte. On peut néanmoins encore distinguer
extérieurement l’endroit où se trouvait autrefois une
branche.
Dans certains de ses exemples, le processus a pris
autour de huit ans.
Il ne faut évidemment pas considérer huit ans comme une
durée universelle. Le temps nécessaire varie
considérablement selon le diamètre de la plaie,
l’espèce, la croissance annuelle de l’arbre, son état
général et les conditions du milieu.
Une petite blessure sur un jeune arbre vigoureux peut se
recouvrir assez rapidement. Une plaie importante sur un
arbre mature peut demeurer ouverte très longtemps,
parfois suffisamment longtemps pour que le bois exposé
commence à se dégrader avant que les tissus de
recouvrement atteignent le centre. |
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LES BLESSURES À ÉVITER ET LES BONNES PRATIQUES
AUTOUR DES ARBRES
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Le taille-bordure : un ennemi redoutable des jeunes
arbres
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Parmi toutes les blessures observées par Gabriel Grenier
sur le terrain, celles provoquées par les
taille-bordures occupent une place particulière.
Son message est extrêmement clair : « un taille-bordure
ne devrait jamais toucher le tronc d’un arbre. »
Le fil tourne à très grande vitesse et peut arracher ou
lacérer l’écorce en quelques secondes. Sur un jeune
arbre dont l’écorce est encore relativement mince, les
dommages peuvent être particulièrement importants.
Le problème est souvent sous-estimé parce qu’une
blessure causée par un taille-bordure peut sembler
petite au départ. Pourtant, lorsque les impacts se
répètent semaine après semaine ou année après année, les
dommages peuvent finir par toucher une partie importante
de la circonférence du tronc.
Gabriel souligne qu’il observe ce phénomène un nombre
incalculable de fois en ville : on paie pour planter un
arbre, puis son entretien autour du tronc finit par le
blesser. Si l’arbre dépérit, il faudra éventuellement
payer pour l'abattre et le remplacer.
Tout cela peut être évité par une mesure extrêmement
simple : ne pas approcher les outils de tonte
directement contre le tronc. |
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La tondeuse et le tracteur à pelouse peuvent aussi
blesser les arbres
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Le taille-bordure n’est pas le seul responsable.
Une tondeuse poussée contre le pied d’un arbre ou un
tracteur à pelouse qui frappe régulièrement le tronc
peut également provoquer des blessures importantes.
Le principe défendu par Gabriel est volontairement
simple : « on ne touche pas au tronc d’un arbre avec
l’équipement d’entretien de la pelouse. »
Un impact mécanique peut décoller l’écorce, écraser les
tissus vivants ou provoquer une plaie qui mettra des
années à être recouverte.
Même lorsque l’arbre survit facilement à une première
blessure, les impacts répétés peuvent agrandir la zone
endommagée et compromettre progressivement sa capacité à
maintenir des tissus fonctionnels tout autour du tronc. |
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Pourquoi une blessure tout autour du tronc peut-elle
tuer un arbre?
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Une blessure devient particulièrement dangereuse
lorsqu’elle fait le tour du tronc.
Ce phénomène est souvent appelé « annelage ».
Sous l’écorce se trouvent notamment des tissus
essentiels au transport des produits issus de la
photosynthèse vers les différentes parties de l’arbre, y
compris les racines. Si les tissus conducteurs
périphériques sont interrompus sur toute la
circonférence, les échanges entre la partie aérienne et
le système racinaire sont gravement perturbés.
Les racines peuvent alors manquer progressivement des
ressources nécessaires à leur fonctionnement. Le
dépérissement ne se produit pas nécessairement
immédiatement. L’arbre possède des réserves et peut
continuer à présenter des feuilles pendant un certain
temps, ce qui peut donner l’impression qu’il n’a pas été
sérieusement atteint.
Mais une annélation complète peut finalement entraîner
la mort de l’arbre.
Cette technique est d’ailleurs parfois utilisée
intentionnellement pour faire mourir des arbres sur pied
dans certains contextes de gestion forestière.
Lorsqu’elle survient accidentellement à cause d’un
taille-bordure ou d'impacts répétés, le résultat
biologique peut malheureusement être semblable. |
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Laisser une zone sans tonte directement autour du
tronc
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La solution proposée par Gabriel Grenier est d’une
simplicité désarmante : « il n’est pas nécessaire de
couper l’herbe jusqu’au dernier millimètre autour d’un
arbre. »
Laisser un peu de végétation autour du pied est beaucoup
moins dommageable que de risquer d’entailler l’écorce
chaque semaine.
Dans un aménagement paysager, une autre excellente
solution consiste à créer une zone protégée autour du
tronc avec du paillis organique. Cette zone réduit la
concurrence avec le gazon, aide à conserver l’humidité
du sol et, surtout, permet de garder les tondeuses et
taille-bordures à distance.
Le paillis ne doit toutefois pas être accumulé contre le
tronc. Les fameux « volcans de paillis », où une épaisse
montagne de matière est appuyée directement sur
l’écorce, créent d’autres problèmes. Il vaut mieux
conserver une zone dégagée immédiatement autour du tronc
et étendre le paillis plus largement au-dessus de la
zone racinaire. |
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Branche mal coupée et branche qui aide à la
cicatrisation |
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Attention aux clôtures et aux objets laissés contre
les arbres
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Gabriel rappelle également qu’un arbre peut être blessé
par quelque chose d’aussi banal qu’une clôture laissée
trop longtemps contre son tronc.
L’arbre continue de croître en diamètre année après
année. Un fil métallique, une corde, une attache, un
tuteur mal installé ou une clôture qui semble sans
conséquence aujourd’hui peut progressivement devenir un
obstacle.
À mesure que le tronc grossit, l’objet peut s’enfoncer
dans les tissus et créer une blessure importante. Dans
certains cas, l’arbre commence même à produire du bois
autour de l’objet, donnant l’impression qu’il « avale »
celui-ci.
Il est donc important d’inspecter régulièrement les
jeunes arbres et de retirer les attaches devenues
inutiles. Les tuteurs eux-mêmes ne devraient pas rester
en place indéfiniment lorsqu’ils ne sont plus
nécessaires. |
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Faut-il appliquer un produit sur une blessure
d’arbre?
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Lorsqu’on découvre une blessure sur un arbre, le premier
réflexe peut être de vouloir la couvrir avec un produit
cicatrisant, du goudron ou une peinture spécialement
vendue à cet effet.
Dans la majorité des situations courantes, ce n’est pas
nécessaire.
Les connaissances modernes en arboriculture privilégient
généralement la capacité naturelle de l’arbre à
compartimenter ses blessures. Recouvrir systématiquement
une plaie avec un produit ne remplace pas ce mécanisme
biologique et peut, selon le produit et la situation,
maintenir inutilement de l’humidité contre les tissus.
La meilleure intervention consiste souvent à éviter
d’aggraver la blessure, à maintenir l’arbre dans de
bonnes conditions de croissance et à prévenir de
nouveaux dommages.
Lorsqu’une blessure est très importante, qu’une grande
partie de la circonférence du tronc est touchée, qu’une
cavité importante apparaît ou que la stabilité de
l’arbre soulève des inquiétudes, une évaluation par un
arboriculteur qualifié devient toutefois pertinente. |
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Faut-il enlever l’écorce ou le bois d’une ancienne
blessure?
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Une autre erreur consiste à vouloir « nettoyer »
agressivement une plaie en retirant du bois ou de
l’écorce parce que la blessure ne semble pas esthétique.
Il faut être prudent.
Les tissus de recouvrement qui se développent autour
d’une plaie sont précieux. Les couper ou les endommager
revient à créer une nouvelle blessure et peut ralentir
le processus.
Une ancienne coupe n’a pas besoin d’être parfaitement
lisse pour être fonctionnelle. Ce qui importe est
surtout d’observer si l’arbre produit des tissus autour
de la blessure, si la zone continue de se refermer et si
des signes importants de dégradation apparaissent. |
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Ce que les anciennes blessures nous apprennent sur
un arbre
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Pour Gabriel Grenier, observer les blessures d’un arbre
est aussi une façon de lire son histoire.
Une ancienne coupe peut révéler qu’une branche
importante a autrefois été retirée. Un bourrelet
prononcé indique la réaction de croissance de l’arbre.
Une déformation du tronc peut témoigner d’une blessure
qui s’est produite plusieurs années auparavant.
Avec l’expérience, on apprend ainsi à regarder un arbre
autrement.
On ne voit plus seulement son tronc, ses branches et ses
feuilles. On remarque les anciennes coupes, les
blessures, les changements de croissance et les
différentes réactions mises en place au fil des années.
C’est particulièrement intéressant en foresterie et en
arboriculture, parce que l’arbre conserve littéralement
dans son bois une partie de son histoire. |
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Prévenir une blessure est beaucoup plus facile que
la faire recouvrir
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S’il fallait retenir un principe pratique de toutes ces
observations, ce serait celui-ci : « la prévention est
beaucoup plus efficace que d’essayer de corriger les
conséquences d’une blessure. »
Faire une bonne coupe sur une petite branche lorsque
l’arbre est jeune est préférable à retirer une énorme
branche plusieurs années plus tard.
Garder le taille-bordure à distance est plus simple que
d’attendre huit ans pour qu’une blessure se recouvre.
Protéger le tronc contre les tondeuses coûte moins cher
que de remplacer un arbre mort.
Retirer une attache devenue inutile est plus facile que
d’intervenir lorsqu’elle s’est incrustée dans le tronc.
Ces gestes paraissent anodins, mais lorsqu’on considère
qu’un arbre peut vivre plusieurs dizaines, voire
plusieurs centaines d’années selon l’espèce, une
décision prise aujourd’hui peut influencer sa structure
et sa santé pendant très longtemps. |
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Cicatrisation du bois |
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CONCLUSION
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Un arbre possède une capacité remarquable à réagir aux
blessures. Après la coupe d’une branche ou une atteinte
à son écorce, il peut produire progressivement de
nouveaux tissus autour de la plaie et mettre en place
des mécanismes de compartimentage qui limitent la
progression des dommages dans son bois.
Mais cette capacité ne doit pas servir d’excuse pour
blesser inutilement les arbres.
Comme le montrent les observations de terrain de Gabriel
Grenier, alias Le Prof Forestier, une petite coupe
correctement réalisée sur un jeune arbre peut se
recouvrir beaucoup plus facilement qu’une énorme
blessure créée plusieurs années plus tard. Certaines
grosses plaies peuvent demeurer ouvertes pendant de
nombreuses années.
Et surtout, beaucoup de blessures sont parfaitement
évitables.
Taille-bordure, tondeuse, tracteur à pelouse, clôture,
corde ou attache : aucun de ces éléments ne devrait
endommager inutilement le tronc. Une blessure répétée
tout autour d’un arbre peut aller jusqu’à provoquer une
annélation et éventuellement entraîner sa mort.
La meilleure approche reste donc simple : observer les
arbres, comprendre leur fonctionnement, effectuer les
tailles nécessaires au bon moment et protéger leur tronc
contre les dommages mécaniques.
Comme le rappelle Gabriel avec son approche très
terrain, il est plutôt contradictoire de payer pour
planter un arbre, de le blesser ensuite pendant son
entretien, puis de devoir payer pour l’abattre et le
remplacer. Quelques précautions autour du tronc peuvent
éviter des années de problèmes et permettre à l’arbre de
consacrer son énergie à ce qu’il fait le mieux :
pousser. |
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Commentaire de Gabriel
Grenier : |
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Gabriel Grenier est
enseignant en foresterie et s'implique dans le milieu
forestier depuis plus de 20 ans. Auteur du livre «
Forêts anciennes, l’expérience du fond des bois », il
est aussi conférencier, animateur en randonnées
éducatives et collaborateur certifié de Jardinage Bricolage
Autosuffisance Recyclage Québec. |
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