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PINS AU QUÉBEC : ESPÈCES ET VARIÉTÉS À DÉCOUVRIR POUR LE JARDIN

 
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Résumé de la vidéo et contenu inédit :
 
Serge Tremblay du Jardin l'Autre Monde, collaborateur certifié de Jardinage Bricolage Autosuffisance Recyclage Québec, est passionné d’arboriculture, de nature et de vie en plein air. Créateur d’un jardin réunissant 279 arbres de 132 espèces, il partage son expérience de la plantation, de la taille et de l’entretien des arbres. Adepte du « fais-le toi-même » (DIY), de la récupération et de l’autoconstruction, il propose une vision simple et créative où les arbres, l’autonomie et le partage occupent une place centrale.
 
 
Dans cette vidéo, Serge Tremblay du Jardin l'Autre Monde nous fait découvrir les nombreuses espèces et variétés de pins cultivées au Jardin l’Autre Monde. Il présente notamment le pin blanc, le pin rouge, le pin gris, le pin sylvestre et plusieurs pins ornementaux. Il explique comment reconnaître différents pins grâce aux aiguilles, aux cônes, au port et aux nouvelles pousses. Découvrez également quels pins conviennent aux grands terrains, aux petits espaces et aux jardins québécois. Une visite horticole riche en conseils pour choisir, planter et mieux connaître les pins au Québec.
 
 
 
 
Contenu de l'article de la vidéo :
 
Juillet 2026 :
 

Les pins du Jardin l’Autre Monde : découvrir des espèces et cultivars remarquables adaptés au Québec

 
Au Jardin l’Autre Monde, les pins occupent une place toute particulière. Parmi tous les arbres qui composent le jardin, ce sont probablement les conifères que je possède en plus grand nombre et certainement l’un des groupes pour lesquels j’ai accumulé le plus d’espèces et de cultivars différents. Certains étaient déjà présents depuis longtemps, alors que d’autres ont été plantés au fil des années pour leur port, leur couleur, leur rusticité ou simplement parce qu’ils possédaient quelque chose d’inhabituel.

Ce qui me fascine chez les pins, c’est justement cette diversité. On pense souvent au pin comme à un grand conifère vert assez classique, mais lorsqu’on commence à s’intéresser aux différentes espèces et sélections horticoles, on découvre tout un monde : aiguilles jaunes, bleutées ou gris argenté, formes colonnaires, ports pleureurs, arbres presque sphériques, aiguilles frisées, cônes colorés et nouvelles pousses spectaculaires.

Au Québec, cette diversité permet aussi d’aménager un jardin de conifères qui demeure intéressant douze mois par année. Certains pins deviennent d’immenses arbres destinés aux grands terrains, tandis que des cultivars compacts peuvent être utilisés dans des espaces beaucoup plus restreints.
 
 
Pin Sylvestre
Pin Sylvestre
 

Reconnaître les pins grâce aux aiguilles, aux cônes et au port

Une des premières choses à observer pour identifier un pin est la disposition de ses aiguilles. Contrairement aux épinettes, dont les aiguilles sont généralement attachées individuellement aux rameaux, celles des pins sont regroupées en faisceaux. Selon l’espèce, on peut notamment retrouver deux, trois ou cinq aiguilles par faisceau.

Ce détail devient très utile lorsqu’on essaie de différencier certaines espèces. Le pin gris et le pin rouge portent par exemple leurs aiguilles par groupes de deux, tandis que le pin blanc possède cinq aiguilles par faisceau.

Il faut également observer les cônes, ce qu’on appelle couramment les « cocottes » au Québec, la couleur de l’écorce, la rigidité des aiguilles, la silhouette de l’arbre et ses nouvelles pousses printanières, souvent appelées chandelles.

Dans un jardin où plusieurs espèces poussent les unes près des autres, ces caractéristiques deviennent particulièrement intéressantes à comparer.
 
 

Le pin gris, un véritable spécialiste des conditions difficiles

Le pin gris (Pinus banksiana) est l’une des espèces indigènes que l’on retrouve au Jardin l’Autre Monde. J’en possède notamment un très gros spécimen qui pourrait avoir plusieurs décennies, accompagné d’autres pins gris plantés à proximité.

Ses aiguilles sont regroupées par deux. Mais l’une de ses caractéristiques les plus intéressantes demeure ses cônes particulièrement durs et souvent persistants sur les branches pendant plusieurs années.

Le pin gris fait partie des espèces remarquablement adaptées au feu. Une partie de ses cônes peut demeurer fermée jusqu’à ce qu’une forte chaleur favorise leur ouverture et la libération des graines. Cette adaptation explique en partie pourquoi le pin gris réussit si bien à recoloniser certains territoires après un incendie de forêt.

Dans un jardin, c’est également un arbre qu’il faut surveiller lorsqu’un dépérissement apparaît sur certaines branches. Sur plusieurs de mes spécimens, j’ai observé depuis quelques années une maladie qui progresse aux extrémités. Lorsqu’un problème semblable apparaît, mieux vaut éviter de poser un diagnostic uniquement à partir de l’apparence générale : différents chancres, rouilles ou autres problèmes peuvent produire des symptômes qui se ressemblent.

Il faut surveiller l’évolution, rechercher les lésions sur les branches et le tronc et, lorsque le dépérissement progresse fortement, envisager une identification plus précise avant d’intervenir. Dans certains cas, l’abattage d’un arbre gravement atteint devient malheureusement nécessaire.
 
 

Le pin blanc, l’un des géants de nos forêts

Le pin blanc (Pinus strobus) est certainement l’un des pins les plus impressionnants du Québec. J’en possède un très grand spécimen au jardin, que j’estime à environ 27 mètres, soit près de 90 pieds. Il pourrait avoir autour de 80 à 100 ans.

Lorsqu’on se trouve au pied d’un vieux pin blanc, on comprend rapidement pourquoi cette espèce marque autant le paysage. Dans de bonnes conditions, elle peut atteindre des dimensions considérables et vivre plusieurs siècles.

Le pin blanc se reconnaît notamment à ses aiguilles fines et souples réunies par groupes de cinq. Ses cônes sont allongés et souvent très résineux. Ceux qui en ont déjà manipulé savent à quel point cette résine peut coller aux doigts : des gants peuvent être pratiques lorsqu’on doit en ramasser plusieurs.

Pour planter un pin blanc, il faut surtout penser à l’avenir. Un petit arbre acheté en pépinière peut sembler facile à intégrer dans un aménagement, mais l’espèce type n’est pas un petit conifère décoratif. Il faut prévoir suffisamment d’espace pour son développement et éviter de le coincer entre une maison, des fils électriques ou d’autres grands arbres.

Le pin blanc demeure néanmoins extraordinaire lorsqu’il dispose de l’espace nécessaire. Son feuillage souple, sa silhouette et son développement majestueux en font à mon avis l’un de nos plus beaux arbres indigènes.
 
 

Le pin rouge, un autre grand pin indigène du Québec

Le pin rouge (Pinus resinosa) constitue une autre espèce indigène présente au Jardin l’Autre Monde. Comme le pin gris, il possède des aiguilles regroupées par deux, mais celles-ci sont généralement plus longues et donnent à l’arbre une apparence différente.

Le pin rouge peut devenir un grand arbre et vivre longtemps. Il possède également une croissance intéressante lorsqu’il bénéficie de bonnes conditions. L’écorce des sujets matures prend progressivement des teintes rougeâtres caractéristiques, ce qui contribue à l’identité visuelle de l’espèce.

Au printemps, j’aime particulièrement observer ses nouvelles pousses. Avant que les aiguilles s’ouvrent complètement, les chandelles permettent de voir très clairement la croissance de l’année. C’est une période idéale pour comparer la vigueur des différents pins du jardin.
 
 

Les pins blancs horticoles : jouer avec la couleur et la forme

L’intérêt des pins ne s’arrête pas aux espèces sauvages. Les sélections horticoles permettent de conserver plusieurs caractéristiques d’un pin tout en obtenant une forme ou une couleur complètement différente.
 
 
Pin blanc 'Louie'
Pin blanc 'Louie'
 

Pin blanc ‘Louie’ : un feuillage doré spectaculaire

Le pin blanc ‘Louie’ (Pinus strobus ‘Louie’) est un excellent exemple. Ses aiguilles sont réunies par cinq comme celles du pin blanc classique, mais son feuillage prend des teintes jaunes à dorées particulièrement lumineuses.

Ce jaune n’est donc pas un signe de maladie ou de carence. Il correspond à la coloration naturelle du cultivar. Selon la saison et l’exposition, la couleur devient plus ou moins intense et crée un contraste spectaculaire avec la neige et les autres conifères verts.

‘Louie’ demeure toutefois un pin capable de prendre une bonne dimension avec le temps. Il ne faut donc pas se fier uniquement à la taille d’un jeune plant pour choisir son emplacement.

C’est exactement le genre de conifère que j’aime intégrer au jardin : même en plein hiver, lorsque les vivaces sont disparues et que les feuillus sont dépouillés, sa coloration continue d’animer le paysage.
 
 

Pin blanc ‘Torulosa’ : des aiguilles complètement tordues

Autre forme étonnante : le pin blanc ‘Torulosa’ (Pinus strobus ‘Torulosa’). La particularité saute immédiatement aux yeux. Ses aiguilles sont fortement torsadées et certaines branches peuvent également présenter un développement irrégulier.

Cette apparence donne beaucoup de mouvement à l’arbre. À distance, son feuillage semble presque frisé. C’est un bel exemple de la diversité que l’on peut obtenir à l’intérieur d’une même espèce. Les aiguilles restent regroupées par cinq, mais leur forme transforme complètement l’apparence du pin blanc traditionnel.

Ce type de cultivar peut devenir un point focal dans un aménagement. Il faut toutefois, encore une fois, tenir compte de sa croissance à long terme plutôt que de le considérer automatiquement comme un petit conifère simplement parce que sa forme est inhabituelle.
 
 

Pin blanc ‘Sarah Rachel’, une forme beaucoup plus compacte

J’ai également au jardin un pin blanc ‘Sarah Rachel’. Il présente une croissance beaucoup plus compacte et étagée que le pin blanc d’origine.

C’est précisément ce genre de sélection qui démontre pourquoi il est important de connaître le nom exact d’un cultivar. Deux arbres appartenant tous les deux à Pinus strobus peuvent avoir, à maturité, des dimensions et des silhouettes complètement différentes.

‘Sarah Rachel’ est une sélection naine de pin blanc issue d’un balai de sorcière. Son développement est donc nettement plus contenu que celui du pin blanc typique.

Pour un amateur de conifères, ces formes compactes sont très intéressantes parce qu’elles permettent d’intégrer la texture douce du pin blanc dans un jardin où l’espace disponible ne permettrait pas nécessairement d’accueillir un géant forestier.
 
 

Le pin tordu et ses adaptations particulières

Le pin tordu offre encore une autre personnalité. Sur le spécimen du jardin, les nouvelles pousses présentent une coloration jaune très marquée au début de leur développement avant de devenir progressivement plus vertes au cours de la saison.

Ses cônes sont également très solides et peuvent demeurer fermés longtemps. Comme chez le pin gris, certaines populations de pins tordus possèdent des cônes sérotineux adaptés à l’ouverture sous l’effet d’une chaleur importante.

Le tronc et les branches peuvent aussi présenter une croissance irrégulière, ce qui contribue au caractère de l’arbre.

C’est également une espèce connue pour sa capacité à pousser dans des conditions relativement difficiles. Mais lorsqu’on parle de résistance à la sécheresse, il faut faire une distinction importante : un pin établi depuis plusieurs années peut être très résistant, tandis qu’un arbre fraîchement transplanté doit recevoir suffisamment d’eau pour développer son système racinaire.
 
 

Le sol idéal pour cultiver des pins

S’il y a une caractéristique importante de mon terrain qui favorise la culture de plusieurs pins, c’est le drainage. Le Jardin l’Autre Monde est installé en bonne partie sur un terrain très sableux, associé à un ancien environnement de rivière.

Beaucoup de pins apprécient justement les sols bien drainés. Le problème n’est donc pas nécessairement qu’un sol soit pauvre ou sableux. Pour plusieurs espèces, un sol constamment détrempé représente une contrainte beaucoup plus importante.

Cela ne veut toutefois pas dire qu’un pin « n’a pas besoin d’eau ». Un jeune arbre nouvellement planté doit être arrosé correctement durant sa période d’établissement. Une fois son système racinaire développé, certaines espèces deviennent beaucoup plus autonomes et supportent remarquablement bien les périodes sèches.

Avant de planter un pin, il faut donc regarder plus loin que la rusticité : drainage, espace disponible, ensoleillement, humidité du sol et dimensions adultes doivent tous entrer dans la décision.
 
 
 
 

Des pins des Alpes aux pins sylvestres : la diversité continue au Jardin l’Autre Monde

La collection du Jardin l’Autre Monde comprend aussi plusieurs pins provenant d’Europe et d’Asie ainsi que de nombreux cultivars sélectionnés pour leur forme particulière. Ce sont souvent ces arbres qui étonnent le plus les visiteurs parce qu’ils ne correspondent pas à l’image traditionnelle que l’on se fait d’un pin.
 
 

Le pin des Alpes, robuste et particulièrement décoratif

Le pin des Alpes ou pin cembro (Pinus cembra) est représenté par plusieurs cultivars au jardin. C’est une espèce de montagne naturellement adaptée à des conditions climatiques rigoureuses, ce qui explique son intérêt dans les régions froides.

Le cultivar ‘Silver Sheen’ possède notamment un feuillage aux nuances argentées à bleu-vert qui crée un contraste remarquable parmi les autres conifères. Son port demeure relativement dressé et ses aiguilles donnent au feuillage une texture douce.

Les cônes constituent également un attrait important. Chez le pin cembro, ils mettent du temps à arriver à maturité et renferment de grosses graines. Contrairement aux petites graines ailées de plusieurs autres pins, celles du pin cembro sont adaptées à une dispersion notamment assurée par les oiseaux et sont comestibles.

J’observe également au jardin le cultivar ‘Westerstede’, dont le port est dressé et le feuillage bleu-vert. C’est un pin particulièrement fourni qui apporte beaucoup de structure au jardin.

L’hiver permet d’observer une autre caractéristique intéressante de ces pins montagnards. Sous le poids de la neige, certaines branches peuvent s’abaisser considérablement. Il ne faut pas nécessairement intervenir immédiatement : des branches souples peuvent reprendre naturellement leur position après la fonte.
 
 

Le pin de Corée

Le pin de Corée (Pinus koraiensis) rappelle à certains égards les pins cembros. Il peut cependant devenir un arbre de dimensions importantes.

C’est encore une fois un exemple où l’emplacement doit être choisi en fonction de la taille future plutôt que de celle du plant acheté. Dans mon propre jardin, certains arbres ont été installés alors qu’ils étaient petits et je dois maintenant réfléchir à la manière de contrôler l’espace autour d’eux.

C’est une réalité que tous les jardiniers finissent par rencontrer : un jardin évolue. Les arbres poussent, les zones d’ombre changent et un emplacement qui semblait parfait il y a dix ans peut devenir plus compliqué aujourd’hui.
 
 

Pins suisses et autres formes montagnardes

Plusieurs pins européens de montagne possèdent des aiguilles plus rigides que celles du pin blanc. Cette différence de texture est très intéressante lorsqu’on combine différentes espèces dans un même aménagement.

Certains développent également de jeunes cônes colorés, passant par des teintes rouges ou violacées avant leur maturité. Ces détails sont parfois visibles seulement pendant quelques semaines, mais ils font partie du plaisir de collectionner et d’observer les conifères au fil des saisons.

Un jardin de conifères ne doit donc pas être considéré comme un décor immobile. Au printemps apparaissent les chandelles. Ensuite viennent les nouvelles aiguilles, les structures reproductrices, les cônes et parfois des changements importants de coloration. L’hiver révèle finalement la silhouette de chaque cultivar.
 
 

Le pin sylvestre : un arbre lié à l’histoire du jardin

Parmi tous mes pins, les pins sylvestres (Pinus sylvestris) occupent une place particulière. Trois grands spécimens ont été plantés avec mon père lorsque j’ai commencé à aménager le terrain. C’est d’ailleurs avec lui que j’ai appris à transplanter des arbres.

Avec les années, ces pins sont devenus imposants. Ils ne représentent donc pas seulement une espèce botanique dans une collection : ils racontent aussi une partie de l’histoire du Jardin l’Autre Monde.

Le pin sylvestre, aussi appelé pin d’Écosse, peut devenir un grand arbre. Ses aiguilles assez rigides sont regroupées par deux. L’une de ses caractéristiques les plus faciles à reconnaître sur les arbres matures est la coloration orangée à rougeâtre de l’écorce dans la partie supérieure du tronc.

Cette coloration peut parfois créer une confusion avec le pin rouge pour quelqu’un qui commence à identifier les conifères. Il faut alors regarder plusieurs critères simultanément : aiguilles, écorce, cônes et silhouette générale.
 
 
Pin rouge Edelweiss
Pin rouge Edelweiss
 

Le pin sylvestre doré : de la couleur en plein hiver

J’ai également un pin sylvestre doré, l’un de mes préférés. Son intérêt vient principalement de sa coloration saisonnière.

À mesure que la saison avance et particulièrement durant la période froide, son feuillage devient de plus en plus jaune. En plein hiver, cette couleur peut devenir extrêmement intense, presque jaune banane.

Dans un jardin québécois, cette caractéristique est particulièrement intéressante. Une grande partie de l’année, les plantes herbacées ne sont plus visibles. Les conifères dorés permettent alors de conserver des points lumineux dans le paysage.
 
 

Le pin sylvestre fastigié pour gagner de la hauteur sans trop de largeur

Les formes fastigiées ou colonnaires constituent une autre solution intéressante lorsque l’espace horizontal est limité.

Le pin sylvestre fastigié du jardin développe une silhouette extrêmement étroite comparativement à l’espèce type. C’est exactement le genre d’arbre qui permet d’obtenir un accent vertical puissant sans occuper la largeur qu’exigerait normalement un grand pin.

Il faut néanmoins conserver une certaine prudence avec les dimensions annoncées pour les cultivars. La croissance dépend du climat, du sol, de l’exposition et du temps. Les dimensions indiquées après dix ans ne correspondent pas nécessairement à la dimension maximale que l’arbre pourra atteindre après plusieurs décennies.
 
 

Le pin sylvestre pleureur : une véritable sculpture végétale

Le pin sylvestre pleureur représente une approche complètement différente. Celui que j’ai installé au jardin doit être tuteuré et travaillé pour développer la silhouette recherchée.

Avec ce genre de conifère, le jardinier devient en quelque sorte partenaire de l’arbre. Si on veut obtenir une forme verticale avant de laisser retomber certaines branches, il faut guider la pousse principale, choisir les directions et parfois corriger la structure.

C’est ce qui me plaît avec ce pin : avec le temps, il devient une véritable sculpture végétale.

Il faut toutefois comprendre ce que cela implique avant d’en planter un. Ce n’est pas nécessairement un arbre que l’on installe pour ensuite l’oublier pendant vingt ans. Pour obtenir une forme spectaculaire, il peut demander du tuteurage et des interventions régulières durant sa formation.
 
 

Le pin des montagnes, idéal pour les espaces plus restreints

Le pin des montagnes (Pinus mugo) et ses nombreux cultivars sont particulièrement intéressants lorsque l’on cherche des pins de dimensions plus raisonnables.

La forme pumilio développe généralement un port plus buissonnant que les grands pins forestiers. Au Jardin l’Autre Monde, j’observe des spécimens compacts et bien fournis qui commencent déjà à produire leurs premiers cônes.

Ce type de pin trouve facilement sa place près d’une maison, dans une plate-bande de conifères, un jardin de rocaille ou un aménagement où un pin blanc ou un pin sylvestre deviendrait beaucoup trop volumineux.

Pinus mugo offre une quantité impressionnante de cultivars aux ports très différents, allant de formes basses et arrondies à des sélections beaucoup plus verticales.

C’est pourquoi le nom du cultivar est essentiel lorsqu’on achète un pin des montagnes. Dire simplement « pin mugo » ne suffit pas toujours pour prévoir son comportement futur.
 
 
Pin des montages 'Big Tuna'
Pin des montages 'Big Tuna'
 

Comment choisir le bon pin pour son jardin au Québec?

Après avoir planté et observé autant de pins, je dirais que l’erreur la plus facile à commettre consiste à choisir uniquement avec ses yeux au centre jardin.

Un conifère de quatre pieds peut être magnifique et sembler parfaitement adapté à une plate-bande. Mais il faut toujours se demander ce qu’il deviendra dans dix, vingt ou trente ans.

La première chose à vérifier est donc la dimension adulte approximative du cultivar. Ensuite viennent le drainage, l’exposition au soleil, la rusticité et l’espace disponible.

Les formes colonnaires sont particulièrement intéressantes lorsqu’on veut créer de la hauteur dans un espace étroit. Les formes naines ou buissonnantes conviennent mieux aux petites propriétés et aux aménagements près des bâtiments. Les grandes espèces comme le pin blanc, le pin rouge, le pin sylvestre ou le pin de Corée doivent être considérées comme de véritables arbres à long terme.

Il faut également éviter de planter trop profondément. Le collet de l’arbre doit demeurer correctement positionné par rapport au niveau du sol. Un paillis peut aider à conserver l’humidité et à limiter la concurrence des herbes, mais il ne devrait pas être accumulé directement contre le tronc.

Durant les premières saisons suivant la plantation, l’arrosage demeure important, même pour une espèce réputée résistante à la sécheresse. L’objectif est d’encourager les racines à coloniser progressivement le sol environnant. Par la suite, un pin bien adapté à son emplacement demandera généralement beaucoup moins d’intervention.
 
 

Observer les chandelles pour suivre la croissance

Le début de l’été est une période extraordinaire pour observer les pins. Les nouvelles pousses, ou chandelles, permettent de voir très facilement la croissance annuelle.

Sur certaines espèces, les chandelles s’allongent avant que les aiguilles se déploient. Deux pins voisins peuvent également démarrer leur croissance à des moments différents.

Cette observation permet de mieux comprendre chaque arbre. Une année humide peut produire des pousses particulièrement vigoureuses, tandis qu’une période difficile peut réduire leur longueur.

Sur certains cultivars, on peut aussi intervenir légèrement sur les chandelles pour contrôler ou densifier la croissance. Cette technique doit cependant être adaptée à l’espèce et à l’objectif recherché. Il ne faut surtout pas traiter un pin comme une haie de feuillus et couper sans comprendre son mode de croissance.
 
 

Créer un jardin intéressant douze mois par année avec les pins

Pour moi, l’un des grands avantages des pins est leur capacité à structurer le jardin en permanence.

Un grand pin blanc apporte de la hauteur et de la majesté. Un pin colonnaire crée un axe vertical. Un pin mugo forme une masse compacte près du sol. Un cultivar doré apporte de la lumière en hiver. Un pin bleuté ou argenté crée un contraste avec les feuillages verts. Un pin pleureur devient une sculpture.

En combinant les formes, les hauteurs, les textures et les couleurs plutôt qu’en accumulant simplement des espèces, on peut construire un paysage qui demeure vivant même sous la neige.

C’est aussi l’une des philosophies qui guident le développement du Jardin l’Autre Monde. Le jardin n’est jamais réellement terminé. J’ai même retiré une partie de mon espace de stationnement pour reverdir le terrain, refaire de la pelouse et surtout libérer de nouveaux endroits où planter des arbres.

Avec les années, certains arbres deviennent énormes, d’autres surprennent par leur forme et quelques-uns doivent être déplacés, contrôlés ou remplacés. Mais c’est justement cette évolution qui rend le jardin intéressant.
 
 

CONCLUSION

Faire le tour des pins du Jardin l’Autre Monde permet de constater à quel point le genre Pinus est diversifié. Entre les grands pins indigènes du Québec, comme le pin blanc, le pin rouge et le pin gris, et les nombreuses espèces et sélections horticoles provenant d’ailleurs, il existe des pins adaptés à une multitude de situations.

Certains deviennent des géants et peuvent accompagner plusieurs générations. D’autres restent suffisamment compacts pour entrer dans une petite plate-bande. On trouve des formes colonnaires, buissonnantes, pleureuses ou irrégulières, ainsi que des feuillages verts, bleutés, argentés ou dorés.

Pour réussir leur culture, il faut avant tout choisir le bon arbre pour le bon endroit. Un sol bien drainé, une exposition adaptée, suffisamment d’espace et un bon suivi durant les premières années constituent une excellente base.

Mais au-delà des dimensions et des caractéristiques botaniques, chaque arbre finit aussi par raconter une histoire. Mes vieux pins sylvestres plantés avec mon père en sont probablement le meilleur exemple. Des décennies plus tard, ils sont toujours là et font maintenant partie intégrante de l’identité du jardin.

C’est peut-être finalement ce que j’aime le plus avec les arbres : on les plante petits, on apprend à les connaître, on les regarde pousser et, sans vraiment s’en rendre compte, ils deviennent des témoins de notre propre parcours. Au Jardin l’Autre Monde, les pins ne sont donc pas simplement une collection de conifères. Ils font partie du paysage, de l’expérience du jardin et de son histoire.
 
 
 
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Serge Tremblay est passionné d’arboriculture, de nature et de vie en plein air depuis plus de 20 ans. Titulaire d’un baccalauréat en psychologie et d’une maîtrise en éducation, il est créateur du Jardin l’Autre Monde, qui rassemble 279 arbres de 132 espèces. Adepte du « fais-le toi-même » (DIY), il est également collaborateur certifié de Jardinage Bricolage Autosuffisance Recyclage Québec.
 
 
 
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